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Qui sommes-nous ?

Un article écrit par le Père Gérard, publié avec son aimable autorisation :

Si la question est simple dans sa forme, la réponse, quant à elle, appelle à la réflexion. « Connais-toi toi-même et tu connaîtras l’univers et les dieux ». Cette inscription était écrite au seuil du Temple de Delphes en Grèce et a été commentée par Socrate. Elle reste aujourd’hui d’une totale actualité, car hélas l’homme ne semble pas apprendre ou retenir grand-chose de son cheminement à travers les siècles. « Qui sommes-nous » revient à dire «qui suis-je ?» ou encore « qu’est ce que être ?». Sommes-nous un nom, un métier, des valeurs, des sentiments, une éducation, un savoir ? Tous ces aspects suffisent-ils à nous définir ? Sans doute pas, mais nous avons besoin de les reconnaître et de les explorer pour nous sentir pleinement exister. Ce que nous sommes, c’est à la fois ce que nous faisons, ce que nous sentons, ce que nous savons et ce que les autres voient en nous car nous sommes des êtres sociaux, donc relationnels. Ce dernier aspect qui nous confronte au regard de l’autre, peut nous encombrer ou nous perturber.

Ne sommes-nous pas davantage au clair sur ce que nous aimerions que l’on pense de nous, sur l’image que nous aimerions donner, que sur ce qui se passe réellement en nous ? Si nous avons fait ces études, choisi ce métier, était-ce par goût profond, ou pour faire plaisir à notre famille, pour répondre aux projets que d’autres formulaient pour nous ? Si nous sommes entrés dans cette relation, était-ce de notre propre élan, ou pour répondre au désir ou aux attentes de l’autre ? On peut passer des années en interrogations - en thérapie pour certains - avant de pouvoir apporter une réponse claire. Elles sont pourtant essentielles pour nous définir vraiment. Chacun ne commence-t-il pas sa vie en subissant la programmation de l’éducation qu’il reçoit ainsi que des valeurs de ceux qui entourent son enfance ? Que ce soit pour les accepter ou les rejeter, nous ne partons pas d’un vide, mais souvent d’un trop-plein et nous devons ensuite parvenir à trier ce qui « est vraiment nous » de ce que nous acceptons d’être pour les autres.
Nous ne sommes pas toujours capables de distinguer ce qui relève de notre appartenance et qui motive l’essentiel de nos actions (ma patrie, ma langue, ma famille, ma religion, mon groupe social, mon métier, mon club), ou de notre identité, qui signe notre singularité face à tous les autres (mon corps, mes aptitudes psychiques, mon nom, mes talents, mes dégoûts). Il n’est pas étonnant, donc, que les autres nous identifient à notre appartenance.

Heureusement, nous ne passons pas toutes nos journées à nous interroger sur qui nous sommes ou ce que nous sommes. Quand tout se passe à peu près bien, nous passons d’une activité à l’autre, d’un contact à l’autre sans préjudice, mais la moindre contrariété, le plus petit malaise nous rappelle à ce qui nous plaît ou non, à ce que nous pouvons supporter, à ce que nous espérons. Bref à notre référence de base : « nous-même ». Pourquoi avons-nous besoin de savoir qui nous sommes ? D’abord, pour exister vraiment, pour « vivre à propos », selon l’expression de Montaigne, et non pas seulement comme il faut. Plus nous savons qui nous sommes, et plus nous légitimons nos désirs et affirmons notre autonomie. Ce qui donne sa force au : « Je veux », c’est la solidité du « JE ». Ceux à qui nous le disons le sentent bien et réagissent en conséquence.

Se connaître, comme nous l’enjoint Socrate depuis vingt-cinq siècles, c’est prendre la pleine mesure de ce qui rend notre vie unique et lui donne tout son prix. C’est aussi, paradoxalement, notre meilleure voie de connaissance de l’ensemble de l’humanité. Notre vécu intérieur n’est-il pas notre seule expérience irréfutable de la condition humaine ? Mais la pierre de touche de la connaissance de soi, son expérience la plus pleine, est évidemment l’Amour. En m’aimant, l’autre me dit de la façon la plus convaincante et de la manière la plus gratifiante que j’existe. Et si je manque d’amour je ne suis plus aussi sûr de mon existence ni de ma valeur.
Il m’est tout à fait impossible de savoir qui je suis vraiment sans référence à ce que je suis pour les autres. Je ne pourrai jamais me connaître vraiment sans prendre conscience que le divin imprègne ma nature. Notre singularité ne se concrétise que dans l’acte créatif qui est destiné aux autres, ou dans l’échange plus ou moins fructueux avec ceux qui nous entourent. Je ne peux pas me contenter de me définir en fonction d’eux, mais je ne peux pas me passer d’eux pour le faire. C’est ce qui rend la fréquentation des humains nécessaire.
Cela veut dire qu’en nous, dans notre corps, notre Âme est animée par le souffle puissant de l’Esprit, cela veut dire qu’une conscience aigüe d’être s’est installée en nous pour toujours. Dans le sentiment d’exister, nous ne pouvons plus inverser la marche de la vie. Une nouvelle conscience est en émergence, qui s’enracine dans la vie et qui apporte la paix. Exister, n’est pas avoir une idée de ce qu’est exister. Exister c’est simplement être dans la conscience naturelle d’exister. Il faut laisser la vie s’exprimer dans l’instant sous n’importe quelle forme.
La conscience d’être n’a pas de sens propre si vous la séparez de l’expérience du moment. Elle n’est pas une chose d’où l’émotion serait exclue. C’est impossible. Vous ne pouvez pas trouver la conscience quelque part, en un endroit donné. La seule forme que puisse prendre la conscience, c’est votre expérience du moment. Quand vous vous sentez déprimé ou que vous avez de multiples problèmes, prenez conscience que tout cela ne constitue en fait qu’une seule histoire au sens de la conscience.
Nous sommes la synthèse et la concrétisation de ce que nous avons senti, entendu, vu ou lu. Nous sommes un concentré d’innombrables expériences qui constituent notre passé, car tout ce qui compose le « moi » unique vient en fait de l’extérieur. Pour trouver la paix intérieure et le chemin de soimême, le Christ nous invite à l’humilité. Exister c’est être, et être est ce que nous sommes. GB+


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Antar Mauna, entendre la voix du silence

 Dans notre  vie quotidienne, notre mental est presque continuellement tourné vers l'extérieur. Nous voyons et entendons ce qui se passe autour de nous, mais nous n'avons pas forcément accès, selon notre mode vie professionnel ou familial, à notre monde intérieur. 

Lorsqu'on prend des cours de Yoga avec un professeur, le professeur parle, explique la pratique à faire, rappelle les souffles. Les élèves sont concentrés sur ce qui est dit, sur les paroles mais sont de ce fait tournés vers l'extérieur, même si, au cours de la pratique, des moments de retour en soi sont proposés. De même, lorsqu'on fait une relaxation ou une méditation guidée, on se place dans l'observation, l'écoute de soi, la création d'images sur son écran mental, mais des paroles nous gardent en lien avec l'extérieur. La connexion avec le monde intérieur n'est pas totale lorsqu'on est dans une pratique guidée.

Antar Mauna est une pratique précieuse qui permet d'observer son silence ou son vacarme intérieur, d'en prendre conscience. C'est aussi l'une des rares sadhanas permanentes qu'on puisse pratiquer spontanément 24 heures sur 24, lorsqu'on est fermement décidé à se connaitre : Garder un oeil vigilant sur notre mode de pensées et nos réactions émotionnelles, voilà le moyen d'accélérer notre évolution personnelle au maximum, de comprendre le fonctionnement de notre conscient et de notre inconscient. Cela peut nous donner aussi un aperçu de ce qui, dans notre comportement, agace les autres.


Il y a plusieurs étapes à la pratique d'antar mauna :

- la première consiste en une prise de conscience de tous les bruits et évènements environnants, ou bien d'un son continu (son du bol, petits coups frappés...)

- La seconde étape consiste à se désintéresser de tous les stimuli extérieurs pour porter son attention sur le fonctionnement du mental : pensées, réactions, images surgies du subconscient.

- La troisième étape consiste à se concentrer sur le son interne (nad) : l'attention est portée à l'intérieur des oreilles et la concentration sur le son interne continu qui ressemble au son Om

- La quatrième étape consiste en une concentration sur la première pensée qui vient. S'il s'agit d'une pensée verbale, elle peut être transformée en image.

- La cinquième étape est une concentration sur une pensée volontairement choisie.

- La sixième étape est la suppression de toute pensée ou la conscience de Shunya (le vide).

Une phase de détente pendant laquelle on savoure la pratique est souhaitable ensuite.

Il est important que chacune des phases ci-dessus aient la même durée, même si il s'agit d'une minute. La durée idéale est de 5 minutes par étape.

Antar Mauna se définit comme un entrainement  pour induire la prise de conscience : connaitre les processus mentaux et la façon de les maitriser. C'est une méthode qui peut se pratiquer à tout instant, il ne faut que se poser la question "A quoi suis-je en train de penser ? que se passe t'il maintenant dans mon espace mental?".

Si on se livre à cette activité plusieurs fois par jour, la qualité de "témoin", suggérée à chaque séance de yoga, devient une seconde nature. Nous comprenons qui nous sommes, ce que nous sommes venus faire ici bas, vers quoi nous allons.

Cet exercice de prise de conscience du vacarme intérieur nous mène à entendre la voix du silence, le chant de l'éternité.

Une merveilleuse pratique...


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Rétentions de souffles et souffles

 Retenir son souffle se fait rarement naturellement.

C'est pourtant une pratique importante dans le Yoga.

Du point de vue physiologique, c'est vers le monde des apnéistes qu'il faut se tourner pour comprendre à quoi elles servent :

André Van Lysebeth, professeur de Yoga s'est particulièrement intéressé aux mécanismes de la respiration (Il a écrit "Pranayama, dynamique du souffle" entre autres livres) :

Priver ou diminuer l'apport d'oxygène à l'organisme déclenche de puissantes réactions de défense. Progressivement, le corps ralentit et l'organisme se met à économiser le précieux oxygène.

Les physiologistes ont analysé l'air alvéolaire expiré normalement. Ils ont recueilli l'air épuisé chassé par les poumons. Cet air contient normalement encore 15% d'oxygène, ce qui est beaucoup puisque l'air atmosphérique contient 21% d'oxygène. Chez l'être qui étouffe, ce % tombe à 7.5% d'oxygène.

Mais la réaction la plus remarquable est la suivante :

Le manque d'oxygène excite le centre spléno-constricteur, c'est-à-dire que la rate se contracte puissamment et chasse les globules rouges qui y sont accumulés. En quelques minutes, le nombre de globule rouges contenus dans un mm3 et qui est normalement  de 5 à5.6 millions, s'élève d'un million et plus. Ce qui est énorme si l'on songe que l'organisme contient 4 à 5 litres de sang.

Cette augmentation quasi instantanée du nombre de globules rouges dans le sang explique que si au premier essai de rétention vous avez pu aller jusqu'à 60 secondes, après respiration normale de 1 min. la suspension atteint 90 secondes, et même 100 secondes au 3ème essai.

Le nombre accru de globules rouges circulant dans le sang permet de fixer une plus grande quantité d'oxygène dès que de l'air frais pénètre dans les poumons et permet à l'organisme de résister plus longtemps à une nouvelle suspension du souffle.

Lorsque la respiration redevient normale, le taux accru de globules rouges reste maintenu pendant de longues heures. Celui qui pratique plusieurs exercices respiratoires de hatha yoga (ou d'apnée) par jour verra donc son sang enrichi en permanence d'un million et même plus de globules rouges par mm3 de sang au dessus de la normale, et au même titre que les montagnards.

Le exercices de Hatha-Yoga (ou d'apnée), donnent donc à ce point de vue les mêmes effets qu'une cure d'altitude

(fin de citation)


Dans le Yoga, les rétentions à poumons pleins portent le nom de kumbakha. Elles font partie, avec les rétentions à poumons vides nommées Câbya Kumbhaka, des techniques de Pranayama, le controle du souffle et l'art du non souffle.

Le Pranayama est l'élément central des pratiques tantriques : Il permet de contrôler le corps, de le libérer, de l'alléger, de le guérir, de faire circuler  les énergies et d'ouvrir un espace mental plein de lumière pour l'avènement de la Conscience.

D'un point de vue symbolique, le texte la Shiva-Samhitâ  dit que l'amrita, le nectar d'immortalité ou de vie, est distillé dans Ida, le nadi lunaire. La quantité de ce nectar détermine la durée de la vie et le nombre de souffles dont l'individu disposera. La respiration produit une combustion de ce nectar de vie, rapprochant ainsi, à chaque souffle, l'homme de sa fin. Or le Yogi a besoin de longévité pour se préparer le mieux possible à l'éveil de Kundalini et accéder à la Conscience, au Nirvana.  Le nombre de souffles que nous ferons dans notre vie serait  ainsi  déterminé dès la naissance, et par extension, le ralentissement de la respiration (joint à d'autres techniques notamment les inversions et uddyana bandha) amoindrit la consommation de l'amrita, permettant la longévité du Yogi. C'est une des raisons pour lesquelles le contrôle du souffle et donc des rétentions est si important dans la pratique du Yoga.


D'un point de vue énergétique, la rétention à poumons pleins est, pour le Yogi, un temps essentiel, puisque c'est le moment pendant lequel, Vayu, l'air inspiré, est transformé en prâna agissant (énergie). Pendant l'apnée poumons pleins, la cage thoracique est rigidifiée par l'action antagoniste des muscles intercostaux : les muscles qui servent à l'inspiration et ceux qui servent à l'expiration sont simultanément contractés par l'effort de volonté. La cage thoracique s'immobilise ainsi en position d'expansion.

Dans les expirations et les rétentions à vide, tous les processus mentaux se dissolvent


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Samtosha, le contentement

 Samtosha, le sentiment de contentement, est le fondement du bonheur, de la "joie suprême" ("Yoga Sutra" II-42). 

Le désir est une poussée, une énergie qui est surement ce qui permet à l'être humain d'avancer dans le déroulement de sa vie et d'accomplir les taches pour lesquelles il est prévu, qu'elles soient morales, sociales ou quotidiennes. On désire une belle maison, une belle voiture, une belle profession, des enfants, etc.... Renoncer au désir, c'est couper les chaines que tous ces projets mettent autour de l'individu. Ces projets sont porteurs de plaisirs et de déplaisirs, de facteurs de rêve et d'illusions.

Renoncer au désir est la capacité à ne pas s'évertuer, à ne pas tout sacrifier pour réaliser ses ambitions personnelles, sociales, morales, religieuses et n'exclut pas la plaisir.

Le monde est illusoire et fait de chaines car il nous fait trouver dans nos désirs une sorte de plaisir, de récompense, alors que les désirs ordinaires des individus sont des liens du samsara, alors qu'il y a en chacun de nous la Conscience, le Soi qui permet de gouter à la Conscience et à l'Absolu.

Vivre dans le monde est possible à condition de ne pas s'évertuer à vouloir réaliser coute que coute les projets du monde établis par la société dans laquelle nous vivons, en fonction des critères en vigueur....La satisfaction fugace risquerait alors de faire place à l'insatisfaction chronique et à tous les désagréments liés comme la frustration, la perte d'estime de soi, etc.

C'est justement à l'opposé de cela que l'on trouve Samtosha, le contentement, la satisfaction et l'acceptation de ce que l'on est ici et maintenant, de ce que l'on a et de ce qui survient.

Le contentement nait de l'acceptation : accepter les autres tels qu'ils sont ou ne sont pas, accepter une situation telle qu'elle est et non telle qu'on voudrait. Mais attention, le consentement ne signifie pas accepter tout ce qui vient sans rien dire. Il invite à l'action pour faire le tri entre ce qui est essentiel et ce qui est accessoire, à modifier une situation pour qu'elle devienne acceptable, mais cela suppose, avant d'entreprendre une action, de l'accepter telle qu'elle est pour pouvoir la reconsidérer, prendre conscience de tous ses aspects pour découvrir les éléments positifs et négatifs, peser, comme on dit, le pour et le contre, et seulement après cette parfaite compréhension faire les actions nécessaires pour changer les choses éventuellement. Samtosha nous invite à agir mais non à réagir.

Cet état d'esprit apprend à ne pas nous laisser entrainer dans le tourbillon du jugement, du rejet, des reproches, comportements si fréquents de nos jours.

L'analyse des situations permet de voir les cotés positifs et les cotés négatifs alors même que d'un premier abord ce sont les cotés négatifs qui nous apparaissent. C'est ce qui nous permet de voir les situations du coté "verre à moitié vide" ou "verre à moitié plein". Samtosha nous apprend aussi qu'il y a un enseignement à tirer de toute situation, que celle ci soit plaisante ou non.

Cultiver Santosha nous permet aussi de trouver le merveilleux dans les plus petites choses, de trouver la bénédiction même dans la souffrance, le bénéfice dans la perte. Cette source de paix, de stabilité, de joie immuable, c'est le contentement, c'est Samtosha...


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De la complexité des textes...

Lire les textes codificateurs du Yoga n'est pas chose aisée...

Allégories, éléments magiques, détails complexes et obscurs sont souvent présents et découragent vite la lecture, à moins de recourir aux commentaires d'un expert.

Il faut entendre une autre signification que ce que les mots veulent dire...

Pourquoi cela ?

La réponse se trouve justement dans un Tantra (texte codificateur du Tantrisme - Voir l'article "Indouisme, Tantrisme, Yoga, Bouddhisme, qu'est-ce au juste" dans la même section pour les explications), le voici :

Shiva s'adressant à Parvati déclare : Maitresse de ma vie ! le langage secret est nécessaire pour éviter de diluer le pouvoir des enseignements. Il aide à protéger de l'atteinte de ceux qui n'y sont pas préparés ou qui violeraient le sens des mystères".

En formulant les enseignements en langage à niveaux multiples de signification, l'authenticité de l'initiation est préservée, ainsi les Tantras sont protégés par des mots à double sens, des allégories et des paradoxes. Le langage secret favorise la compréhension de l'inexplicable. Les enseignements peuvent, par exemple, substituer un mot pour un autre, comme dans un code. Seuls les initiés qui ont reçu oralement la clé  du code peuvent saisir la véritable signification des enseignements. 

(Source : C. Tikhomiroff)


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La symbolique de Virabhadrasana, la posture du héros terrible

 Le nom de cette posture, ou plutôt de ces postures, est souvent traduit par posture du guerrier (1, 2 ou 3) et  fait référence à la mythologie indienne. Voici la légende de Virabhadra, telle qu'elle m'a été racontée par mon professeur de Yoga.

Le dieu Shiva et sa compagne Sati vivaient une vie douce et remplie d'amour  dans leur demeure située au Mont Kailash, dans l'Himalaya. L'amour était très fort entre eux, pour eux, tout était pour ainsi dire "pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles". Shiva symbolise la Conscience, Sati est sa Shakti, l'Energie, Conscience et Energie étaient en parfait équilibre.

Sati était la fille de Daksha, le maitre des sacrifices dans le panthéon hindou : Celui-ci était l'organisateur des sacrifices pour les dieux. Un jour, Daksha décida d'organiser un grand sacrifice en l'honneur de tous les dieux, la plus grande et magnifique fête jamais organisée. Mais il ne veut pas inviter Shiva. (Il faut savoir que Shiva était  un dieu vénéré et craint du fait de sa force et de sa puissance, mais il était également méprisé car il ne respectait pas grand chose des processus du monde, ni du dharma, ni du karma, s'entourant de gens étranges. Il était aussi un provocateur et  faisait des ascèses interminables. Son érotisme était également peu dissimulé).

Quelques temps avant cette grande fête, Sati, l'épouse de Shiva rendit visite à Daksha, son père. Elle se rendit bien sûr compte que des festivités se préparaient et qu'elles étaient de grande ampleur. Elle s'étonna alors de ne pas avoir reçu d'invitation, ni pour elle, ni pour son époux. Son père, le ton grave, lui dit qu'il ne voulait ni d'elle, ni de Shiva à cette fête et que le fait qu'il ait été obligé de donner sa fille en mariage à Shiva était bien suffisant d'autant plus que Shiva n'était pas un dieu fréquentable.

Se disant que Shiva serait très en colère, Sati supplia longuement son père de changer d'avis, de revenir sur sa décision et de faire l'invitation. Mais Daksha resta inflexible. De désespoir, Sati se jeta alors dans le grand feu déjà allumé pour le sacrifice. Elle mourut.

Une des servantes de Sati qui l'avait accompagné dans son voyage vit cela et, horrifiée, retourna à la demeure de Shiva, au Mont Kailash, tout en haut de l'Himalaya. Shiva était là, attendant que son amour, que sa Shakti revienne de voyage.

La servante en pleurs était pétrifiée et n'arrivait pas dans son désespoir à raconter ce qui s'était passé. Shiva, transcendant alors les espaces différents des pensées, vit ce qui s'était passé à travers le mental et les yeux de la servante.

Il entra alors dans une fureur terrible, une colère immense, non pas à cause de l'invitation non faite mais bien sûr à cause de la mort de son amour.

Il prit alors un cheveu de son chignon, l'arracha, le jeta au sol avec fureur et le transforma en un guerrier magnifique et héroïque, Virabhadra. Celui-ci était un condensé de la fureur et de la douleur de Shiva.

Shiva lui dit : "Va, détruis le sacrifice et la fête et ramène moi la dépouille de Sati"

Virabhadra, puissant comme un  guerrier inégalée partit, alla au sacrifice, détruit tout devant les dieux de la Terre et de l'espace déjà présents. Il détruit absolument tout et tua Daksha en le décapitant. En faisant cela, il s'opposait à des dieux terribles tels que Brahma, Vishnu, Rudra, Indra, etc, tous détenteurs d'une extraordinaire puissance. Toutes ces puissances réunies s'élevèrent contre Virabhadra et il fut presque vaincu. Presque. Il puisa dans son propre héroïsme, la force de rentrer à la demeure de Shiva et de ramener la dépouille de Sati. Il était blessé, presque détruit, mais il réussit sa mission et déposa Sati aux pieds de Shiva.

Le regard de feu de Shiva retransforma Virabhadra en un cheveu et Shiva le remit dans son chignon.

Shiva pleura sans fin, embrassant le corps de Sati ignorant la mort, tant elle était belle.

La légende dit que Shiva pleura tant que les eaux du monde montèrent dangereusement. Mais un autre problème se posait : Daksha étant mort, il n'y avait plus de maitre des sacrifices et sans offrandes régulières, que deviennent les dieux ? Alors, l'ensemble des dieux vient implorer Shiva d'arrêter de pleurer, de se ressaisir, de reprendre son ascèse et de redonner un corps vivant au maitre des sacrifices. Shiva demanda alors à un serviteur d'amener la tête du premier animal qu'il rencontrerait. Ce fut la tête d'un bouc que le serviteur ramena. Elle fut placée sur le corps décapité de Daksha, et c'est ainsi qu'est sa représentation actuelle.

Shiva partit ensuite marcher dans le monde, avec la dépouille de Sati sur le dos. Mais le corps tombait en morceaux : ici tombait un bras, là une jambe, etc. On dit que chacun des endroits où s'est déposé un morceau du corps de Sati, est devenu un lieu saint de la Shakti (c'est pour cela qu'on trouve en Inde plusieurs lieux saints dédiés à Shiva et Shakti).

Cette légende symbolise les qualités que l'on va trouver dans la posture : elle est puissante, héroïque, nécessite  de l'endurance et développe en nous ces mêmes qualités.

La posture se décline en fait en plusieurs postures :

Virabhadrasana I, qui correspond à l'arrivée du guerrier sur les lieux de la bataille avec une épée dans chacune des mains :

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Virabhadrasana II symbolise le moment où il voit Daksha, son ennemi :

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Virabhadrasana III symbolise le moment où il décapite Daksha avec un mouvement souple et précis :

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Il existe également la posture de Viparita Virabhadrasana, qui correspond à la réussite de Virabhadra, le guerrier victorieux de Daksha, déclinée en deux versions :

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et :

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Qu'est ce que la méditation ?

 Pour comprendre de quoi il s'agit...


La psychologie moderne a classé les différentes composantes du mental. Le subconscient, ou mental inconscient peut se diviser grossièrement en trois parties :

- le mental inférieur concerné par le fonctionnement et la coordination du corps (la respiration, la circulation, les fonctionnements digestifs, etc. C'est également le mental inférieur qui est à l'origine des pulsions, des phobies, des obsessions.

- le mental intermédiaire est occupé par les informations que nous utilisons en état de veille : Nous nous en servons pour analyser, comparer, interpréter. C'est lui que nous utilisons lorsque nous travaillons, nous faisons face à un problème, nous en trouvons la solution après reflexion. Il est également le domaine de la pensée rationnelle et intellectuelle.

- le mental supérieur est le siège de ce qui est appelé l'activité super-consciente. C'est la source de l'intuition, de l'inspiration mais aussi de la béatitude et des expériences transcendantales. C'est de là que les génies tirent les éclairs de créativité. C'est la source de la connaissance profonde.

Donc, en état de veille, c'est plutôt notre mental intermédiaire qui est en action.

Une autre partie du mental est également à expliquer : l'inconscient collectif que Carl G Jung a fait accepter aux milieux scientifiques : C'est en fait la mémoire du passé, de notre évolution, des activités de nos ancêtres, et plus largement, la mémoire de notre espèce. C'est en fait la partie du mental qui est en commun avec tous les êtres humains, elle fait référence au passé de notre espèce.

A la lecture de ces quelques définitions, une question peut survenir : Et l'ego dans tout ça ? qu'est ce que c'est ?

L'ego fait partie du mental (Moi je...) C'est notre identité. L'ego se constitue progressivement depuis notre enfance. Il est construit à partir de notre éducation, de nos expériences, de nos réussites, de nos échecs mais il vaut mieux dire de nos non-réussites, puis ensuite de notre environnement social, professionnel, de nos blessures, etc. Il se forme ainsi, par couches successives, par nos opinions et nos croyances qui forment le personnage que nous sommes devant la société. Cet ego est une petite partie du mental mais est parfois très encombrante. S'assimiler complètement à son ego cause parfois des souffrances, des schémas de répétitions, des conflits et nous éloigne de la paix intérieure.

Derrière ces différentes parties du mental, se trouve le Soi, le véritable noyau de notre existence. C'est le Soi qui illumine tout ce que nous faisons, bien qu'à notre insu. Beaucoup pensent que le centre de notre être est l'ego, mais l'ego n'est qu'une partie du mental. Le Soi illumine l'ego lui même.


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Mais au fait…..le Yoga, c’est lié de quelle façon à l’Hindouisme ?

 L’Hindouisme est l’une des plus vieilles religions du monde toujours pratiquée. Son origine remonte à la civilisation de l’Indus soit aux environs du IIIème millénaire avant Jésus Christ.

Aujourd’hui c’est la 3ème religion la plus commune dans le monde (après le Christianisme et l’Islam)


Particularités de l’Hindouisme :

-          C’est une tradition orale

-          Il n’y a ni prophète ni dogmes centraux

-          Tous les êtres ont un svadharma (un devoir propre selon la catégorie à laquelle ils appartiennent) et ceci qu’ils soient hindous ou non hindous

-          Les hindous croient en l’autorité des Védas, textes sacrés et fondateurs qui selon la Tradition furent révélés par Bhrama aux hommes via les visions des anciens sages, les Rishis.

Ce n’est pas une religion au sens judéo chrétien du terme mais plutôt un ensemble de concepts philosophiques assimilés au fur et à mesure des nombreuses conquêtes et invasions qui ont sur lieu sur le territoire indien.

 

En 1966, la cour suprême de l’Inde a défini le cadre de la foi hindoue comme suit :

1)      L’acceptation respectueuse des Vedas comme plus haute autorité sur les sujets religieux et philosophiques et l’acceptation respectueuse des Vedas par les penseurs et philosophes hindous comme base unique de la philosophie hindoue

2)      L’esprit de tolérance et de bonne volonté pour comprendre et apprécier de point de vue de l’adversaire, basé sur la révélation que la vérité comporte plusieurs apparences

3)      L’acceptation des 6 dispositifs de philosophie hindoue et d’un rythme du monde qui connait des périodes de création, de conservation et de destruction, les Yugas, se succédant sans fin.

4)      L’acceptation de la croyance dans la renaissance et la pré-existence des êtres

5)      La reconnaissance du fait que les moyens ou les manières d’accéder au salut (Moksha) sont multiples

6)      Le fait que malgré le nombre des divinités à adorer, on peut être hindou et ne pas croire qu’il faille adorer des idoles

7)      A la différence d’autres religions ou croyances, la religion hindoue n’est pas liée à un ensemble défini de concepts philosophiques.

 

Concernant les 6 dispositifs de philosophie hindoue :

L’hindouisme a développé des astika (ou écoles orthodoxes de philosophie c'est-à-dire acceptant l’autorité des Védas). Ces 6 dispositifs sont appelés Darshana (= points de vue) et sont le fruit d’une longue élaboration dont témoigne une vaste littérature. Ces darshana sont :

1)      Samkhya, basé sur le dualisme de l’esprit et de la nature (Purusha et Prakriti). Il propose une analyse rationnelle de la réalité dont la compréhension engendre Moksha.

2)      Purva Mimamsa dans laquelle il est réalisé le commentaire systématique des textes et rituels fondateurs du culte védique. Les philosophes de la Mimamsa ne croient pas à la contemplation, à la recherche de l’Absolu, ils refusèrent longtemps l’idée de Moksha (libération du cycle des renaissances) mais finalement l’intégrèrent et affirment qu’elle est obtenue par les rites.

3)      Uttara Mimamsa (ou Advaita Vedanta) dans laquelle Braham, l’esprit cosmique est l’unique réalité, bien que n’étant pas physique il est la base du monde matériel. Il est la cause de monde. A cause de l’ignorance, le Brahman est souvent confondu avec le monde matériel. En l’être humain, c’est partiellement le Soi. Nul ne lui est identique parce qu’il ne peut y avoir deux Brahman. Nul ne lui est différent car il n’y a personne existant en dehors de la réalité du Brahman. Moksha est issue de la vraie connaissance qui elle seule détruit maya.

4)      Yoga, dispositif basé sur une pratique personnelle posturale, respiratoire et méditative pour atteindre Moksha

5)      Vaisheshika, dispositif qui fait propose une théorie atomique : on peut diviser le monde des apparences en particules qui prennent les formes changeantes du monde. L’Etre suprême contrôle les atomes et leur combinaisons. Les substance  peuvent être visibles et invisibles, matérielles et non matérielles, éternelles et non éternelles. Tout ce qui est composé dépend d’un autre élément transitoire. On peut connaitre ainsi l’espace, le temps, l’air, l’éther, les anu (éléments ultimes de la réalité matérielle) , le manas (l’esprit), l’atman (l’ame). Dans ce dispositif, la connaissance qui engendreda Moksha se réalise par la perception (y compris la vision yogique, le souvenir, l’intuition.

6)      Nyaya, contient une théorie de la connaissance précise

 

Donc  le Yoga est l’une des 6 écoles (sadharsana) de la philosophie védique visant par la méditation, l’ascèse morale et les exercices corporels à réaliser l’unification de l’être humain dans ses aspects physique, psychique et spirituel.


Pour les hindous, les yogins sont des ascètes itinérants (un ascète s’exerce à la prière et à la perfection morale en menant une vie austère, faite d’exercices spirituels. Ils sont également nommés Saddhus, ce sont alors des hommes qui ont choisit de vivre une vie de sainteté pour accélérer le processus de la libération (moksha) et le réaliser à l’issu de cette vie.


Le Yoga n’exige pas que l’ensemble des individus suivent un même et unique chemin. Il existe de nombreuses voies et styles liés aux aspirations individuelles. Il y a 5 voies majeures qui peuvent être suivies séparément ou assemblées :

1)  Jnana Yoga : le Yoga de la connaissance transcendante : Ce yoga décrit que l’Absolu est le Soi véritable. Sa méthode principale est l’investigation du Soi par le retour à la source de nos pensées, jusqu’à la pensée du Je. Il y a 4 moyens : viveka (la capacité de discerner le réel et l’irréel), Vairagya (la capacité de se détacher des désirs et des choses du monde), Shad sampat (6 vertues : la tranquillité mentale, la maitrise de soi, la capacité de rester équanime devant les difficultés existentielles, l’endurance, la foi et l’attention juste de l’esprit) et Mumukshutva (la forte détermination de se libérer de son ignorance et de connaitre sa vraie nature)

2)  Bhakti yoga : le Yoga de la dévotion et de l’adoration : c’est le nom qui désigne  la totalité des pratiques spirituelles tournées vers la dévotion vers Vishnu ou Shiva

3)  Karma Yoga : c’est le Yoga du service et de l’action désintéressée. « si vous voulez travailler comme il le faut, vous devez ne pas perdre de vue 2 grands principes : en premier lieu un profond respect pour le travail entrepris, en deuxième lieu une indifférrence complète à ses fruits. Ainsi vous pourrez travailler avec l’attitude qu’il faut. C’est ce qu’on nomme le secret du Karma Yoga » citation de Swami Brahmananda

4)  Kryia Yoga, yoga « technique » comprenant le Hatha Yoga (en tant que discipline d’harmonisation et de développement des facultés psychologiques comme la concentration et la sérénité et des facultés corporelles (fermeté et souplesse), le mantra Yoga dans le cadre d’un rituel minimal ou d’une liturgie élaborée incluant prières, visualisations, mudras,etc, avec le support d’un mala, et le tantra Yoga (qui est une approche énergétique incluant le kundalini Yoga et le Yoga nidra

5)  Raja  Yoga  fait référence au Yoga de Patanjali. Son autre nom est l’ashtanga yoga, yoga à 8 membres, nom qui reflète les 8 partie de cette voie : Yama, Niyama, asana, pranayama, pratiyarara, dharana, dhyana, samadhi

Au sein d’une même Voie, il peut exister des courants différents. Cette diversité n’est pas un signe de faiblesse ou de dissension mais plutôt une réponse à l’extrême diversité des attentes de chacun.


shiva meditant

Les 3 granthis

 Kundalini est l'énergie créatrice, la lumière de vie que nous avons en nous. C'est une énergie de vie, fondamentale, qui est présente en chacun de nous et anime tous les niveaux de l'être. Kundalini signifie "la lovée" : elle est tapie en nous. On la représente symboliquement comme un serpent enroulé 3 fois et demi autour d'une pierre de forme oblongue et posée verticalement. Ce linga est dans notre base, mulhadara chakra, et est représenté de couleur noire.

L’énergie de la Kundalini réside endormie dans les profondeurs de l’être. Elle dispense de ce fait un poison de somnolence (Vishà) qui engourdit l’individu et le maintient vivant comme dans un rêve. Mais ce serpent, dit-on, ne dort que d’un œil, et il se trouve en fait intéressé par certaines expériences qui, si elles se manifestent chez l’individu, vont alors comme le réveiller, et le faire se dresser. Ces expériences peuvent être provoquées par le Yoga, mais également par les épreuves de la vie elle-même. Elles ont toutes en commun d’être reliées à des énergies intenses et extraordinaires, ces énergies mobilisant, d’une manière ou d’une autre, la vitalité profonde de l’individu (Ojas).

Le réveil de Kundalini-Shakti est justement la visée principale du Yoga tantrique. Ce réveil peut être provoqué de manière graduelle ou brusque, s’accompagner de connaissance ou laisser dans l’expectative. Ce réveil peut prendre différentes formes selon les individus et les moments de l’expérience, il peut prendre une intensité plus ou moins grande et manifester chez l’individu des symptômes différents. Ce réveil se réalise par des étapes plus ou moins longues au cours du temps, de la pratique, de la vie même de l’individu pour finalement se réaliser, dit-on, inévitablement au moment de la mort. Ces étapes sont comme autant de niveaux de l’énergie, qui s’étagent sous la forme de différents plexus (Chakra) le long de l’épine dorsale. En définitive, ce réveil échappe à toute logique et reste une expérience hors norme qu’il est impossible de codifier clairement.

Les textes et toutes les expériences relatées s’accordent toutefois pour donner une définition, semble t-il concordante, de ce réveil de l’énergie primordiale. Elle est alors décrite comme la manifestation d’une énergie ascendante qui remonte le long de la colonne vertébrale pour s’épanouir, s’il y a expérience complète, jusqu’au sommet du crâne, dans le ciel de la conscience. À ce niveau, le réveil de l’énergie latente devient alors le véritable « éveil » de l’individu à sa propre nature.

En s'élevant, Kundalini passe à travers les chakras, les purifie. Mais elle doit également dénouer des noeuds, au nombre de 3 , les granthis :

Ces nœuds (appelés granthis) concernent l’animalité, l’ego et l’intellect. Ils sont en fait de grandes étapes de la vie, un peu comme des passages initiatiques qui apprennent à l’individu à se connaitre et à décider de son destin. Sur les aspects qui font ces granthis, il y aura un chemin à choisir. Il n’y a pas de mauvais chemin ou de bon chemin. On peut vivre son animalité, son ego et son intellect sans se poser de question et bien le vivre, mais on dit qu’on est alors maintenu dans les conditionnements de notre espèce humaine.

Si on a une recherche intérieure, par contre, alors il y aura nécessairement un jour ou l’autre, une rencontre avec ces nœuds et une compréhension à atteindre puisque par la pratique du Yoga nous souhaitons comprendre notre nature profonde en levant les voiles qui l’obscurcissent. Et ces nœuds sont source d’une souffrance existentielle... C’est là qu’on peut aborder la notion de Maya, l’illusion. Ce mot de maya est parfois mal compris parce qu’il fait allusion à la réalité. Mais quelle réalité ? la Réalité, pas la réalité. Vous me suivez ? mdr. L’illusion de quoi en fait ? si on se tape un orteil dans une table, on aura aucun doute sur sa réalité (ni sur celle de l’hématome de notre orteil) même si on sait qu’elle est composée de molécules et d’atomes qui ont une part de vide en eux. Ce n’est pas cela. Maya c’est le fait de penser que nous ne sommes que cet individu, avec ses conditionnements, ses attitudes, qui vit dans le monde manifesté grâce à ses sens, qui l’enregistre et le juge. Maya crée le sens du Moi, et c’est cela l’illusion : l’illusion de l’individualité. On y reviendra parce que ça fait référence à la notion de non dualité plus compliquée à aborder.

Alors voyons quels sont ces nœuds, ces granthis :

-   Le premier granthi porte le nom de nœud de Brahma, il contient la personnalité animale : Ce nœud nous attache à l'animalité, à nos caractéristiques animales (ça aurait pu être un compliment pour nous, amis des animaux, mais pour le coup, pas vraiment….). C'est le nœud de l'animalité, de l'attachement, de la défense du territoire, de la quête de nourriture et de sexe, de la peur de mourir. Ce n’est pas un mal en soit mais disons que l’instinct qui nous pousse vers ça va provoquer une manifestation de pouvoir, d’instinct de croissance, de désir de perdurer, de peur de tout étouffante du fait de la peur de la mort, de l’envie de s’attacher à la matérialité, de jouir des 5 sens, etc. Vaste programme…….Apprendre à être moins dépendant de ses sens, à dépasser ses peurs et ses attachements fondamentaux contribue à défaire ce nœud et à faire des choix qui mènent vers une plus grande harmonie et en cela, réveille une énergie libératrice qui pousse l'individu vers la conquête de la totalité de son Etre.


-  Le nœud de Vishnu, correspond à la personnalité égotique :

Rappelez vous que dans le Yoga, la définition de l’ego n’est pas celle de la psychologie. L’ego, c’est tout ce qu’on peut mettre après les mots « je suis » et qui y accroche un concept, avec le risque d’une évaluation du « je » même si c’est quelque chose qui est positif selon nos critères. Ce « je » qualifié de quelque chose ne permet plus d’Etre, juste Etre parce qu’il nous accroche à la dualité (les yogins sont un peu bizarres….)

Donc le nœud de Vishnu est le nœud de l'ego, de la personnalité,  mais aussi de la peur d'être seul. Il est aussi le nœud de l'attachement affectif  dans un sens excessif, qui serait bloquant pour l’épanouissement, que ce soit aux parents, au conjoint, aux enfants, à un animal familier (oh non pas ça…..mdr) mais aussi aux désirs et à leurs objets ou bien à l’engagement social ou politique fort, également les passions intenses même dans les loisirs. En fait c’est le nœud des justifications émotionnelles et des attachements. Ce nœud bloque le cœur qui ne peut s’épanouir et accomplir sa fonction sacrée.

Lorsque ce nœud se défait, l'attachement à la personnalité se transforme en un accès à la connaissance intuitive, à l'amour inconditionnel et à la bienveillance, à l’amour de la vie. Il est donc d’une importance capitale pour l’équilibre et le plein épanouissement de l’être et pour l’expérience de « Tout le monde est en moi et je suis en chacun » (encore la non dualité).


- Le nœud de Rudra, qui lie à la personnalité intellectuelle :

C'est le nœud de l'esprit, de l'intellect, du raisonnement qui enferme l'individu dans des schémas de pensées qui parfois conduisent à répéter les mêmes erreurs dans sa vie. Il correspond à l’attachement à la compréhension rationnelle, intellectuelle des choses, aux conditionnements moraux (le bien, le mal, les vertus, les mérites, les jugements, les interdits, les dogmes, les comportements à respecter, etc). C’est le nœud des justifications intellectuelles et des certitudes qui empêchent d’avoir une vision large de l’existence. C’est aussi le rejet de l’intuition par un besoin permanent de pensée rationnelle.

Lorsque ce nœud est défait, l'individu cesse de trop penser, de se limiter il peut ainsi se faire confiance, se fier à son intuition. Défaire ce nœud-là permet aussi de se laisser aller dans un état de concentration puis de méditation de plus en plus profonds et petit à petit, ressentir cet état comme étant plus véridique et correspondant mieux à sa propre nature. On devient Etre, Conscience et Béatitude (Sat-Cit-Ananda). Ce qui permettait les points de vue, les mises au point, les perpétuelles pensées devient le sommet le plus haut d'où puisse être perçu le spectacle de sa propre Conscience ou la Conscience de son propre spectacle. La cessation de tout ce tas de fluctuations mentales permet par là même de connaitre la Joie, la Liberté et la Paix.


 Ces trois nœuds à défaire sont un chemin que doit parcourir l'individu pour découvrir qui il est vraiment, au fond de lui. Ce sont 3 étapes indispensables dans la réalisation de Soi, dans toute quête spirituelle. Tant qu’ils ne sont pas défaits, ces trois nœuds que nous avons tous, sont source de souffrance, de limitation du devenir. Le maître mot pour travailler sur ces trois nœuds ? se faire confiance…..


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Les différents corps, les nadis et les chakras

 L'être humain est constitué de différents corps, qui se présentent comme des couches, des enveloppes, allant du subtil vers le grossier, de l'énergie cosmique vers la matière, le corps le plus grossier étant le corps physique.

Le nombre de "corps" varie selon les philosophies, mais le nombre de 5 est le plus communément admis.

Ces différentes couches sont nommées Koshas. Ce sont :

- Anandamaya Kosha, ou corps de béatitude, siège de l'âme (appelée Jivatma)

- Vijnanamaya Kosha, ou corps de la connaissance, c'est le corps de l'intuition, celui de la connaissance qui ne passe pas par le mental

- Manamaya Kosha, ou corps mental. Il comprend l'ensemble de nos processus mentaux, l'intellect (Buddhi), l'égo (Ahamkara), nos résidus karmiques, etc.

- Pranamaya Kosha, ou corps énergétique, composé des chakras, des adara, des vayu, des ghunas. Son rôle est de relier les corps qui viennent d'être cités au corps physique.

- Annamaya Kosha, le corps physique.

Les vayus (vents) circulent à travers des canaux nommés nadis. Il y a 3 nadis principaux :

- Ida nadi, situé à gauche de la colonne vertébrale, transporte l'énergie lunaire

- Pingala nadi, situé à droite de la colonne vertébrale, transporte l'énergie solaire

- Shushumna nadi, situé dans la moelle épinière transporte les deux énergies unifiées.

Ida et pingala, canaux du corps énergétique, correspondent dans le corps physique, aux chaines ganglionnaires orthosympathiques. Shushumna correspond au système cérébro-spinal.

Tous ces canaux sont en relation avec des centres d'énergie ou roues d'énergies, appelés Chakras. Les chakras sont en quelque sorte des capteurs qui absorbent l'énergie universelle qui existe autour de nous, la "métabolise", et l'envoie dans les parties du corps avec lequel il sont en relation : plexus et glandes endocrines. Si un chakra fonctionne mal, l'absorption de l'énergie sera moins bonne et les organes dépendants de ce chakra s'affaibliront.

- Muladhara Chakra, le chakra racine, est situé entre l'anus et le pubis. Il est lié aux glandes surrénales dans le corps physique. L'énergie qu'il traite sert aux parties dures (os, ongles, dents), aux intestins, à la prostate et aux membres inférieurs. C'est dans Muladhara qu'est lové la kundalini, le potentiel d'énergie créatrice, sexuelle, inconsciente et spirituelle dont nous n'avons pas éveillé la totale plénitude et dont la montée à travers les chakras illumine le corps énergétique et en supprime les déséquilibres.

- Swadhistana Chakra, est situé vers le bas ventre et correspond aux testicules et ovaires. L'énergie qu'il traite sert au bassin, à la vessie, aux organes génitaux, au sang, à la lymphe.

- Manipura Chakra, est situé vers le nombril et correspond au plexus épigastrique et au pancrés. Il gère le système digestif et nerveux, la peau, les yeux, la digestion.

- Anahata Chakra est situé dans la région du coeur. Il est en liaison avec le thymus et le plexus cardiaque. Il transmet l'énergie à la cage thoracique, à la circulation sanguine, aux poumons.

- Vishudda Chakra est situé dans le bas de la gorge. Il correspond à la thyroïde et transmet l'énergie à la trachée, aux poumons, à l'oesophage, aux cordes vocales, au cou, à la nuque, aux machoires.

- Ajna Chakra est situé entre les deux sourcils. Il est lié à l'hypophyse. Il transmet l'énergie au cervelet, au nez, aux sinus, aux systèmes optique et auditif.

- Sahasrara Chakra, dans la zone de la fontanele est lié à l'épiphyse. Il transmet l'énergie au système nerveux.

Ces chakras ont également d'autres fonctions que nous détaillerons dans un autre article.



chakra et corps energetiques

Les étapes de la relaxation pas à pas

 Lire tout d'abord les explications préliminaires et conseils.


1ère  etape :

Confortablement installé, la musique douce en fond sonore léger, respirez naturellement, en écoutant la musique.

Après quelques instants, portez votre attention sur votre respiration naturelle. Ne la jugez pas, rendez vous simplement compte de sa présence. Inspirez par le nez et expirez par la bouche fortement et de façon sonore ( faire  ce cycle inspir par le nez / expir sonore par la bouche 5 fois).

Revenez à votre respiration naturelle, laissez la s’installer et après quelques instants, observez la :

Observez votre inspir, remarquez le moment où l’inspir se termine et où l’expir peut commencer. Observez votre expir, remarquez le moment ou l’expir se termine et où l’inspir va commencer.

Simplement, calmement. Ressentez une sorte d’ondulation du souffle, comme une sinusoïde : la vague du souffle. Ressentez comme si la mer se déposait (l’expir) sur une plage de sable, puis se retirait (l’inspir). Vous pouvez visualiser une plage de sable et ce mouvement de la mer, à un rythme qui n’appartient qu’à vous. 

A chaque expir, ayez la sensation que le corps se relache, se dépose davantage. Ce sont les expir qui relachent, ayez la sensation à chaque expir de peser plus lourd.

Restez dans cette observation du souffle ou cette visualisation de la mer, le temps qu’il vous plaira.


2ème étape :

Si vous avez utilisé la visualisation de la mer, quittez cette visualisation.

Placez maintenant votre attention sur votre ventre : les deux mains peuvent être posées à plat autour du nombril. Amenez la respiration au niveau du ventre. A l’inspir, le ventre se gonfle, le nombril se soulève, à l’expir le ventre se vide. Percevez le mouvement de vos mains, concentrez vous dessus et à nouveau observez votre inspir, remarquez le moment où l’inspir se termine et où l’expir peut commencer. Observez votre expir, remarquez le moment ou l’expir se termine et où l’inspir va commencer.

Il s’agit là du premier niveau de souffle, la respiration abdominale, avec une vertu relaxante. Laissez-vous bercer par ce doux mouvement en vous, cette vague du souffle. Pensez à la sensation d’un flot ininterrompu, d’une sinusoïde….


Lorsque vous en aurez envie, amenez la respiration dans le second niveau : les mains se placent sous la poitrine, au niveau des cotes. A l’inspir le ventre se gonfle et on amène le souffle dans la zone où sont les mains, la partie de la cage thoracique  qui s’arrête à la poitrine. Au début, les muscles respiratoires ne sont pas habitués et on peut ne pas sentir l’élargissement des cotes. Ca vient petit à petit, ce n’est pas grave. Ayez alors simplement l’intention de faire monter le souffle à cet endroit là. A l’expir, la zone des cotes se relache  (se vide) en premier puis le ventre se creuse.

Il est possible de mieux sentir ce mouvement en repliant les genoux, pieds au sol, le reste du corps allongé.


Lorsque vous en aurez envie, amenez la respiration dans le troisième niveau : les mains se placent au dessus de la poitrine. A l’inspir, le ventre se gonfle, les cotes s’écartent et on amène le souffle dans la partie supérieure des poumons. A l’expir, le haut des poumons se vide en premier, puis le milieu et  le bas et enfin, le ventre se creuse.

Vous êtes alors en respiration complète, en respiration yogique.  Les mains peuvent rester au dessus de la poitrine ou alors, les bras peuvent se déposer derrière  la tête, relachés et arrondis, sans tension. La cage thoracique est alors bien ouverte. Cette position amène un bien être notamment chez les personnes souffrant d’asthme.

Vous pouvez alors si vous le souhaitez visualiser à nouveau la mer qui se déposent sur la plage de sable sur vos expir, se retire à l’inspir, à votre rythme, calme et tranquille.

Restez ainsi, calme et tranquille, le temps qu’il vous plaira. Si une pensée survient, laissez-la glisser, s’éloigner, ce n’est pas grave. Ne la retenez pas, c’est tout…..laissez la s’éloigner, vous y reviendrez plus tard. Revenez simplement à votre respiration complète.


3ème étape :

Relachez la respiration complète pour revenir à une respiration naturelle, non controlée, calme, apaisée, tranquille. Si vous en avez envie, continuez à visualiser la mer qui va, qui vient. Juste un morceau de plage vide, juste le bord de la mer et vous… savourez


Une relaxation peut parfaitement s’arrêter là. Vous seul pouvez en décider. Si cela est suffisant, relachez la visualisation de la mer le cas échéant, respirez encore un cycle ou deux, ouvrez calmement les yeux, sans rien fixer.


Si cela n’est pas suffisant,  ou si vous souhaitez allez plus loin, alors :

 

4ème étape :

Il s’agit de la rotation de conscience, destinée à prendre conscience de chaque partie du corps pour mieux la relacher.

Placez votre attention dans vos pieds, ressentez les, bougez imperceptiblement chaque orteil, preniez conscience du dessus des pieds, du dessous des pied, des chevilles.

Placez votre attention sur vos mollets, ressentez les avec une infime contraction, prenez conscience du dessus et du dessous.

Placez votre attention sur vos cuisses, ressentez les avec une infime contraction, preniez conscience du dessus et du dessous.

Placez votre attention sur vos fessiers, relachez vos muscles fessiers.

Placez votre attention sur votre ventre, relachez le.

Placez votre attention sur votre cage thoracique, relachez la.

Placez votre attention sur vos épaules, relachez les.

Placez votre attention au niveau de vos lombaires, relachez les.

Placez votre attention au niveau de votre dos et omoplates, relachez les.

Placez votre attention au niveau des cervicales, relachez les.

Placez votre attention à l’arrière de la tête, observez la zone de contact de votre tête avec le sol, remontez vers le dessus de la tête, relachez tout le cuir chevelu.

Relachez votre front, relachez le point entre les deux sourcils, les sourcils, les paupières, le nez, les joues, les lèvres, le menton et enfin la gorge.

Dessinez un très discret sourire sur vos lèvres….à peine perceptible…..et respirez. Votre corps est relaché, détendu, déposé.


La relaxation peut se terminer avec la rotation de conscience.

Si vous souhaitez allez plus loin, vous pouvez avancer avec des étapes personnalisables. Ce que je vais vous exposer si dessous est ce que j’ai choisi pour ma pratique personnelle, elle agit sur moi comme une sorte d’interrupteur. Il y a d’autres possibilités, infinies, à tester, à imaginer, à choisir.


5ème étape :

Visualisez quelques centimètres au dessus du nombril, une sphère, pas plus grande qu’une boule de pétanque.  N’ayez aucune influence sur sa couleur, laissez la simplement se dessiner, telle qu’elle vient. Observez là, est-elle claire ? foncée ? transparente ? opaque ? Observez simplement….Ne jugez pas.

Au bout de quelques instants d’observation de cette sphère, si elle est spontanément apparue  d’une couleur foncée, éclaircissez –la progressivement.  Faites la devenir blanche, ou transparente, ou lumineuse à votre choix et observez la. Si elle s’est spontanément dessinée claire ou blanche ou transparente ou lumineuse, observez la simplement. Observez sa forme, sa texture, a-t-elle des reflets ? concentrez vous bien sur cette sphère à quelques centimètres de votre nombril. Concentrez vous sur la sphère, et petit à petit, il n’y aura plus qu’elle, il n’y aura plus votre ventre, juste la sphère. Observez-la toujours. Observez-la tant que vous voudrez, tant que vous en avez envie.

J’aime ensuite placer en visualisation la sphère sur une étendue d’eau, calme, dont je fais varier la couleur, le ciel en fond, la sphère ne bouge pas, elle reste identique. L’eau peut clapoter, être d’huile, claire, etc. Rester concentré sur cette visualisation le temps souhaité puis laissez là s’en aller, se diluer, se fondre doucement……

Sur une inspir, les yeux s’ouvrent, le regard reste vague, sans rien fixer quelques instants. Si l’on est tranquillement dans son lit, il est possible que l’on ait glissé dans le sommeil….


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Relaxation : Explications préliminaires et Conseils

 Lorsqu’on souhaite atteindre un état de calme intérieur, de relaxation, il est important de ne pas se mettre de pression concernant  l’objectif à atteindre. Il est important de n’avoir en fait aucun objectif, de ne rien attendre, de se laisser porter. Il est important également de ne pas se juger, d’être indulgent avec soi-même et d’accepter, si les expériences sont partagées, que tout se passe différemment chez les autres. C’est pour cela que les expériences ressenties lors de méditations ou autres sont rarement partagées en détail entre les personnes, afin de ne créer aucun stress, aucune pression, aucune attente. L’idée est de se placer en observateur, hors de tout jugement émis par soi même.

On associe souvent le besoin de relaxation au stress. Certes. Il faut savoir néanmoins que dans un corps détendu, l'esprit se calme et ses facultés sont optimisées. Le corps réagit mieux lorsqu'on lache prise que lorsqu'on le force à se soumettre. Savoir se relacher est un élément important pour acquérir la puissance personnelle.


Le café est à éviter, de même que tous les excitants.


Pourquoi la concentration sur la respiration est elle l’outil de base :

On dit que le passé n’existe plus, que le futur n’est qu’utopie, que seul le présent existe. De ce postulat découle la célèbre expression « ici et maintenant ». Notre esprit peut vagabonder dans le passé, se projeter dans le futur plus ou moins proche. Notre respiration n’existe, elle,  que dans le présent. Se concentrer sur elle revient à s’ancrer dans le moment présent, à  laisser de coté le passé qui n’existe plus, et de ne pas envisager un futur qui n’existe pas encore.

 Il peut être intéressant de choisir une musique douce, planante, que l’on aime, si possible relativement longue, et de l’écouter régulièrement.  Elle sera mise en fond sonore pendant le processus de relaxation car il arrive que le mental s’échappe, que des pensées surviennent et nous perturbent un peu, la musique nous aidera à ne pas entrer dans un processus discursif, à ramener facilement notre esprit dans le calme. J’utilise personnellement les musiques de l’album Ayurveda paradise de Bhavana, au rythme lent, ample et sans trop d’instruments, chaque musique dure environ une quinzaine de minutes.  Le volume sonore sera très modéré, un simple fond sonore.

 La procédure ci-dessous m’est personnelle, je l’utilise souvent en fin de cours de yoga pendant la phase de relaxation mais aussi en introduction d’une méditation pour amener le calme. Avec la pratique, une sorte de réflexe s’installera, il se produira une sorte de déclic qui amènera rapidement dans un état de relaxation. C’est simplement une question d’habitude, une question de pratique.

 Nous sommes tous différents et c’est magnifique, aussi, il est difficile de proposer une méthode généraliste.  Je pense que certaines étapes peuvent être communes à la plupart des gens et que d’autres sont à personnaliser ou même à ne pas utiliser. Vous seul savez ce qui vous convient.


Combien  de temps  et quand :

La grande question. Là aussi il est important de ne pas se mettre de pression, de faire ce que l’on a envie, ce que l’on ressent comme bénéfique pour soi.  La durée peut être d’une dizaine de minutes ou d’une quinzaine. Plus si vous le souhaitez bien sur. Quand ? quand vous le souhaitez, quand le besoin s’en fait sentir, ou bien le soir avant de s’endormir, tranquillement installé dans son lit. A vous de voir… Deux ou trois pratiques par semaine, dans cette liberté, amènent le bien être.


Comment ?

S’agissant d’un processus de relaxation, la position allongée est favorable. La température de la pièce est douce, une couverture sur soi, pas trop pesante, des vêtements confortables pour que le mental ne soit pas attiré par le corps (ceinture trop serrée, couverture lourde, nuque mal installée, etc). Soyez confortable pour pouvoir vous détendre. Les paumes des mains seront si possible dirigées vers le haut, les cervicales relachées, le regard doux sous les paupières closes, les muscles autour des yeux relachés, les lèvres délicatement posées l’une contre l’autre, la machoire relachée. Les jambes ne sont pas collées, les pieds sont relachés.

On peut également pratiquer assis en tailleur ou bien sur son fauteuil si on arrive à faire abstraction de la sensation de l’appui du corps sur le fauteuil, des accoudoirs, etc, qui « appellent » le mental. Là encore, le choix n’appartient qu’à vous.

Sauf suggestion contraire ou nez bouché bien sur, la respiration se fera exclusivement par le nez.



Se connaitre :

Nous sommes tous différents, nos mondes intérieurs sont tous différents. Certaines personnes, lorsqu’elles ferment les yeux sentent tout un tas de pensées défiler, des idées qui arrivent les unes après les autres. Ceci est très fréquent.

La première étape est justement de se connaitre : Que se passe t’il lorsque vous fermez simplement les yeux ? tout est il calme, juste quelques pensées de temps en temps, ou bien votre mental est il un petit singe virevoltant ? dans un cas comme dans l’autre, les étapes ci-dessous restent valables, elles seront simplement rallongée en fonction de votre état intérieur. C’est la pratique qui amènera progressivement un relâchement du processus discursif, un apaisement intérieur. Tout n’est que pratique…..


Ces  éléments étant évoqués, procédons par étapes. Lisez les, comprenez les, c’est extrêmement simple. Imprégnez-vous en. Il y a juste une succession  à retenir…


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Comment le Yoga peut il nous aider à gérer notre stress ?

 Nous connaissons tous l'intensité de la vie aujourd'hui, les diverses sollicitations qui sont autour de nous, les diverses occasions où l'on nous demande d'aller au delà de nous mêmes. Tout cela est source de stress.

La pratique du Yoga aide indubitablement à gérer son stress. Bien sûr, c'est la pratique régulière qui apportera des résultats durables et appréciables.

Le Yoga nous permet de nous recentrer sur nous mêmes, sur notre corps. Les postures nous proposent la concentration, et nous font nous ressentir tels que nous sommes vraiment : nous apprenons à connaitre nos limites (physique), les accepter, les faire éventuellement reculer progressivement. Nous nous plaçons également à l'écoute de notre corps. Nous apprenons ainsi, petit à petit, l'indulgence envers nous mêmes, à accepter nos limitations et à apprécier nos progrès. Nous apprenons petit à petit à nous aimer tels que nous sommes.

Les pratiques respiratoires proposent un autre apprentissage de la concentration. Le contrôle du souffle permet d'arrêter les fonctionnements mentaux. L'observation du souffle apaise. Les personnes stressées ont souvent un souffle court, qui active la partie supérieure des poumons. Le Yoga nous apprend à faire redescendre le souffle, le replacer, le développer et le maîtriser pour qu'il devienne notre point d'ancrage dans le présent, ici et maintenant. C'est un outil sur lequel nous pouvons compter à tout instant, le Yoga nous apprend à nous en servir. Retrouver un souffle calme et tranquille, bien placé est la clé vers le relâchement des tensions du corps. Lorsque le corps se relachera, aidé par la respiration et les postures, alors le moment sera venu de glisser dans la phase de relaxation ou de méditation.

Les relaxations ou les méditations nous permettent également d'apaiser notre stress, à la fois en nous concentrant sur les visualisations, mais aussi en se plaçant dans un rythme qui apaise, calme. Petit à petit, grâce à la pratique, une distance avec le monde extérieur s'installe et il devient aisé de se placer dans une bulle protectrice lorsque le besoin s'en fait sentir.

A chaque séance, vous êtes invité à passer une sorte de contrat avec vous mêmes :  Accepter de vous accorder un moment pour vous, en laissant loin tout ce qui s'est passé, tout ce qui se passera. Etre simplement  ici et maintenant.

Savoir se relâcher, être à l'écoute de son corps est nécessaire et essentiel lorsqu'on vit dans un environnement stressant. Les techniques de Yoga nous apprennent à faire face aux contrariétés de la vie, petites et grandes, mais aussi à l'agressivité de plus en plus fréquente dans notre société Le bien être, la sensation de sécurité, de confiance en vous et de calme que vous pourrez acquérir, petit à petit, par la pratique régulière sont des effets qui dureront de plus en plus longtemps et se diffuseront dans votre vie quotidienne et votre entourage.

Namaste.


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Brahman, Atman, jîvatman et Maya

 Dans la philosophie hindoue, l’être humain n’occupe aucune place privilégiée. Il appartient à l’immense jeu cosmique de la Nature et il obéit entièrement aux lois naturelles qui régissent le cosmos. Il n’existe qu’une seule substance de texture vibratoire, manifestation de l’Etre, le Brahman, seule Réalité Absolue (mais illusoire pour l’école du Vedanta). Les diverses modalités de cette manifestation (le « souffle du Brahman ») provoquent l’existence des différents plans de la cosmogonie : les dieux, les plans des êtres vivants, les plans infrahumains, les formes dites matérielles. Mais tous ces phénomènes ne sont que l’enveloppe apparente de la Réalité qu’est le Brahman, présent dans toutes les formes grossières et subtile de la nature. L’image qui semblerait la plus appropriée serait peut être la force atomique dont l’énergie toute puissante semble soutenir tout le cosmos.

Le Brahman, l’Etre se reflète dans l’individu et cette présence, ce reflet s’appelle l’Atman. Cet Atman n’est pas individualisé, ni actif, ni agissant. C’est la présence de l’Etre, éternellement libre, source de conscience et de vie, le divin en chaque être vivant. Le sens du Moi, du Je est le résultat d’une erreur que dénonce l’Hindouisme : l’être humain attribue au reflet personnalisé de l’Etre, une personnalité propre, une individualité que l’Atman, ce reflet divin, n’a jamais possédée puisque le Brahman est, par essence, infini, éternel, illimité. Le sens de la personnalité provient seulement du sens du Moi du cadavre matériel qu’anime l’Atman : l’ensemble matériel et transitoire qui forme une personne humaine, ensemble changeant et impermanent dans un avenir constant, s’imagine stable, permanent, éternel.

Cet être humain, appelé Jiva ou Jivatman est donc un simple reflet de Brahman, mais un reflet dégradé de l’Etre. Ce jiva perçoit le monde manifesté grâce à ces sens, l’enregistre et le juge. Mais il est aveuglé par son ignorance métaphysique et se limite et agit comme si c’était lui qui agissait alors que c’est simplement son corps, le cadavre animé qui exerce cette manifestation matérielle. Il se crée ainsi le sens du Moi. Telle est l’illusion créée par la Maya : l’illusion de l’individualité. Tout le but du Yoga est de dissiper cette illusion afin que l’Atman retrouve sa vraie nature, se rende compte de la réalité, de cette béatitude qu’il n’a jamais quitté mais qu’il ne percevait pas dans son aveuglement.


Atman

Buddhi , Ahamkara et Manas

 La première manifestation de l’Atman (voir la définition dans l’article consacré) est la Buddhi, principe de l’intellect supérieur, de l’intuition. La Buddhi est le reflet de la lumière de l’Etre dans la manifestation.  La Buddhi n’est jamais individualisée. Elle n’a pas conscience du Moi. Elle est au-delà des sensations perçues par le corps. C’est la conscience impersonnelle qui crée les concepts et les idées générales, qui juge et avise l’être humain. C’est le témoin intérieur, implacable et juge impartial.

L’Ahamkara est la conscience individuelle, le sens du Moi grâce à laquelle le Jiva (l’humain) se conçoit lui-même comme une personne particulière, séparée des autres. De cette conscience individuelle nait le désir, le pouvoir de désirer, de rejeter, le sens du connaisseur et du connu. Le Moi humain s’imagine ainsi distinct des autres et ceci est la source de la douleur. De son Moi nait le désir de vivre, de s’affirmer, de jouir, de posséder, de s’opposer aux autres, d’où la colère, l’ignorance, la peur, la haine. Cette ignorance crée et multiplie de désir de séparation, la recherche du pouvoir et suscite l’éveil des instincts bestiaux de l’être humain.

C’est l’Ahamkara et la Buddhi qui forment l’intelligence proprement dite, jugeant et décidant.

 

Le Manas est considéré comme un sens (se reporter à l’article sur « les 10 indriya et le Manas ».  Le Manas est la conscience individuelle, formelle qui comprend la raison, la mémoire et l’imagination. Sa fonction est de surveiller le flot ininterrompu des sensations qui entrent dans le corps, de choisir celles qui peuvent intéresser le jiva et de faire la synthèse de la situation à chaque moment.

Manas, par son activité incessante, provoque dans l’être humain le sens de l’Ahamkara, du Moi et ce dernier, par son fonctionnement, met en mouvement la Buddhi. Le Manas est l’esprit empirique qui recueille les données sensibles, l’Ahamkara est le Moi pensant qui mesure l’intérêt personnel et particulier des données recueillies et la Buddhi est qui ce juge et décide avec, très souvent, une interférence décisive du Moi égoïste qui fausse, dissimule, arrête les données immédiates de la Buddhi en tant que conscience supérieure.


buddhi

Comprendre les Niyamas dans notre vie quotidienne et sur notre tapis de Yoga

 Les 5 Niyamas sont, selon Patanjali, les 5 règles personnelles à appliquer pour avoir la paix en soi :

 1) Saucha, la pureté :

C'est le fait de choisir ce qui est bon pour nous, ce qui n'est pas toxique pour nous à tous les niveaux : c'est choisir consciemment les expériences qui nourrissent notre corps, notre mental et notre esprit.

C'est également la pureté au sens de propreté extérieure.

Cela nous fait faire des choix sur :

- notre hygiène (il existe des pratiques de lavage, de nettoyage de la langue, nez, etc.).

- des pratiques de nettoyage qui améliorent la santé, détoxifient le corps

-  notre nourriture : leur qualité, l'énergie contenue dans les aliments (frais, surgelés, etc), le fait de ne pas faire entrer une vibration de violence en soi en mangeant des animaux (pour respecter aussi ahimsa, la non violence)

Au delà de cet aspect physique, nous pouvons également purifier :

- les pensées : comprendre comment elles sont conditionnées ? (pollution par les médias, les films violents, certaines personnes), prendre conscience des émotions qui nous perturbent trop et travailler sur elles.

- l'environnement : comment influe sur nous le désordre ? les préoccupations ? les soucis ?

Les sages disent que Saucha est le but de tout le système du Yoga, que ce n'est pas seulement la base de la santé du corps mais que c'est également la porte vers des états plus profonds et plus tranquilles de méditation.

Dans notre vie quotidienne, on pourra prendre notre douche en conscience par exemple et un geste aussi simple que se brosser les dents deviendra source de bien être, choisir notre nourriture avec soin et pas seulement "se faire un truc à bouffer vite fait",etc.  Nous pouvons aussi aller dans chaque pièce de notre maison et voir ce que l'on y ressent, si on s'y sent bien, si ce n'est pas le cas, pourquoi  et comment on peut y remédier.  Saucha nous incite à voir qu’"il y a une place pour chaque chose et que chaque chose est à sa place". De ce fait, l'énergie positive circule mieux chez nous et on s'y sent mieux. Ce n'est pas être maniaque, c'est une intention de clarté. De ce fait, il est possible que notre esprit se sente également clair et ordonné.

Dans la pratique du Yoga, Saucha prend plusieurs aspects :

- Lorsque nous quittons nos tapis, nous les nettoyons à chaque fois et nous savons que lors de notre arrivée, le tapis est propre. Non seulement par hygiène, mais aussi parce qu'en cours, notre tapis est notre univers, donc nous prenons soin de notre univers qu'il soit dans la salle ou chez nous. Ce petit univers qu'est le tapis, nous permet de séparer l'énergie des autres personnes de la nôtre. Le fait de savoir que notre tapis est propre, nous suggère aussi une clarté, un apaisement, une sensation agréable.

- Saucha s'est aussi se placer ici et maintenant, passer par la position allongée par exemple pour marquer la coupure avec le reste de la journée (changer de rythme, changer d'énergie). C'est également être accueilli par une musique apaisante : cela permet de séparer l'énergie du monde extérieur (tournée vers l'extérieur) et celle qui sera  la nôtre tournée vers notre intérieur. On pourrait également chanter (le son Om par exemple) pour marquer cela

- il s’agit également  de faire le ménage en soi, grâce aux petits rituels de début de séance, grâce à la concentration sur le souffle, mais aussi grâce à une rigueur imposée par les postures et leur enchaînement. Ce qui est d’abord un effort – d’alignement, de maintien dans une posture, de concentration – devient une façon d’être et l’accès à une certaine épure : il s’agit de se débarrasser du superflu.


2) Santosha, le contentement, la satisfaction, la sérénité :

Ce contentement est issu d'une certaine acceptation de la vie, de nous-mêmes, de ce que la vie nous a donné. C'est accepter ce que l'on a et ce que l'on a pas. Selon Patanjali , c'est le secret du bonheur : A travers la puissance de ce sentiment de contentement, le bonheur devient notre choix.

Dans la vie quotidienne, c'est renoncer à se croire victime de faits extérieurs et prendre la responsabilité de nos réactions. Et c'est en voyant la réalité qu'on pourra mobiliser nos forces créatrices pour entreprendre les actions nécessaires à un changement, pour notre bien. Santosha invite à l'action juste.

Santosha invite aussi à la gratitude face à ce qui nous arrive. Parfois des situations difficiles nous apprennent quelque chose. Il ne tient qu'à nous de voir et de trouver une raison de rendre grâce.

C'est trouver le coté positif des choses, trouver la bénédiction qui existe dans une souffrance, si cela est possible. Parfois cela peut nous aider à réinterpréter des évènements douloureux dans l'instant mais qui au final, nous on apprit quelque chose.

Comment ressentir le contentement si on est déçu de soi, si on s'en veut pour quelque chose, si on se fait des reproches, si on traine une culpabilité, si on n’a pas confiance en soi, si on se trouve nul, si on est en permanence en quête d'autre chose ? Ce genre de pensées ne respectent ni Saucha, la pureté vue hier, ni Santosha. 

Gardons à l'esprit que notre démarche nous amène à vivre dans le moment présent et ce qu'on a, dans le moment présent est suffisant et bien. Si cela vous est possible, vous accueillerez l'avenir et vos aspirations avec plus de joie.

La pratique du Yoga y aide en incitant à trouver du plaisir dans la posture, à la savourer, notamment si notre corps nous impose une limite. Cette limite peut être présente en permanence, ou bien correspondre à la vérité d'un jour (un souci physique passager par exemple). Une limite dans notre corps est source d’enseignement : non seulement elle nous apprend l’humilité, mais elle nous enseigne Santosha : Etre heureux de la posture telle qu’on arrive à la pratiquer en conscience. Lorsque les personnes appellent pour s’inscrire au cours, leur réaction est très souvent (vraiment 9 fois sur 10) d’avertir qu’elles ne sont pas souples. En général, je réponds que ce n’est pas grave du tout, mais franchement, j’ai envie de répondre « tant mieux, c’est mieux ! ».

Sur le tapis de yoga, on pratique Santosha en acceptant son manque de mobilité, d’équilibre ou de force dans une posture tout en explorant cette limite pour la repousser en douceur si cela est possible (respect d’Ahimsa), sans se mentir (respect d’Asteya) et sans aucune attente (respect d’Aparigraha) mais avec beaucoup de détermination (respect de Tapas).


3) Tapas, la force d'âme (acquise par l'ascèse). Littéralement c’est la  chaleur. Mais aussi l’ardeur, l’austérité, l’ascèse.

Tapas peut aller en contradiction avec Ahimsa car il est question d'ardeur, d'intensité.

"Grâce à une pratique intense, nous éliminons les impuretés et nous atteignons la perfection du corps et des sens." (Yoga Sutra)

On peut interpréter Tapas comme l'ardeur nécessaire à l'obtention d'un objectif que l'on s'est fixé et dont l'approche va nous donner de la joie.

Tapas est le feu présent au cœur de toute action difficile, mais aussi le feu nécessaire pour rester dans sa vérité : ce niyama invite à ne pas renoncer à sa vérité, à rester fidèle à soi, à ce qui nous est cher, non à ce que les autres nous imposent. C’est l’un des apprentissages évidents de la pratique régulière et assidue : elle enseigne la persévérance. Mais encore faut-il savoir où est sa vérité.

Dans la vie quotidienne, Tapas peut se trouver partout : c'est votre ardeur à nettoyer votre salle de bain ou à bien arranger votre jardin, tout simplement. C'est dans toutes les actions que l'on fait avec détermination, enthousiasme et effort. C'est réfléchir à des habitudes que nous avons qui ne sont pas très productives ou qui, si on les aménageait, permettrait d'être mieux. Tapas accroit la confiance en soi, la ferveur, la force.

 Dans la pratique, c'est prendre conscience des limites qui m’empêchent d’arriver à l’expression  de la posture (tensions, faiblesse, raideurs, peur, … ) et les accepter telles qu’elles sont maintenant. C'est ressentir  ses bras qui tremblent, ses  abdos qui ne sont peut être pas assez solides, c'est expérimenter cet inconfort dans la posture qui devient confort. Tapas est notre volonté d'aller vers notre objectif : Si on trouve une posture difficile, on peut se créer un objectif réaliste (trouver comment on peut adapter une posture ?). C'est utiliser la visualisation pour se voir ayant atteint l’objectif et imaginer l’aisance de mouvement que cela apporte. C'est mettre en place les pratiques qui m’aideront à atteindre mon but (c’est par exemple identifier une série d’exercices qui prépare une posture (d’où parfois une notion de « posture finale » dans un cours, c’est prévoir une plage horaire suffisante pour les faire, c’est aussi par exemple prendre soin de soi en consultant un osteopathe qui trouvera la source d’un empêchement… ). C'est aussi explorer consciemment mes limites avec des micromouvements ou des modifications à la posture pour bien les cerner et les dissoudre graduellement, d’où les pratiques posturales où on peut rester plusieurs souffles dans une posture, la sentir évoluer).  

La méditation est également  un Tapas qui concentre l'esprit et le purifie. Si c’est un Tapas alors cela explique pourquoi la vigilance est nécessaire et la posture assise utile pour maintenir cette vigilance, ce feu. Il existe de nombreuses formes de méditation. Certaines pratiques peuvent être longues, atteindre une sorte de transe. D’autres pratiques sont par essence courte comme les méditations tantriques car la transe n’est pas souhaitée, alors que la vigilance et la conscience oui. Le feu est important pour les tantrikas car il est source de purification. Nous en reparlerons.


4)  Svadhyaya, a un double sens c’est l'étude de soi mais aussi l'étude des textes sacrés :

Littéralement, cela signifie ramener à l'esprit, repenser pour se souvenir, observer et méditer sur nous mêmes. C’est regarde son esprit comme on regarde son corps dans le miroir. C’est une auto étude qui nous fait observer nos pensées, nos mémoires, nos comportements, nos réactions avec une certaine distance (dans l’attitude du spectateur, de l’observateur) pour les comprendre et méditer dessus. Cette attitude centrée, immobile permet à terme de choisir ce qui est bon pour nous, que ce soit en terme d’attitude mais aussi de réaction à quelque chose (émotion ou mémoire). C’est le Shakta Upaya des tantriques dont j’espère avoir le temps de vous parler.

Donc, pour résumer, toute activité qui favorise l’étude de soi, l’examen de son comportement, de ses émotions et de ses pensées relève de Svadhyaya. Bien entendu, les mots « toute activité » sont à prendre avec des pincettes car si on se tourne vers des choses diverses et variées dans le but de se connaitre, on a une dispersion d’énergie qui est nuisible. Les tantriques dont nous parlerons plus tard disent qu’il doit y avoir alignement entre le point de vue, la pratique et les « fruits » c'est-à-dire les buts car sinon une pratique spirituelle ne sert à rien. Cela signifie, en corrélation avec cette attitude centrée que l’on a, qu’il est préférable de ne pas se disperser, utiliser des pratiques qui correspondent à notre «point de vue », c'est-à-dire principalement aux enseignements de notre lignée même si on peut regarder d’autres choses bien sûr. Bien sûr, de nombreuses techniques méditatives permettent cette étude.

Dans la vie quotidienne, c'est lire, étudier, se nourrir d’expériences rapportées par d’autres et qui trouvent un écho en nous. Mais il s’agit moins d’une quête que d’une posture intérieure ; lorsque nous sommes dans cette attention à ce qui se passe en nous, les livres ou les rencontres nourrissantes viennent à nous, plus que nous les choisissons. L’écoute de soi engendre une écoute plus largement ouverte sur l’extérieur d’une façon plus apaisée. C'est avoir un comportement qui est en adéquation avec ce que l'on souhaite, avec notre façon de voir, prendre des décisions conformes à nous mêmes.

C'est Svadhyaya qui permet de trouver la Lumière de notre Soi, qui nous sommes vraiment.


Dans la pratique du Yoga, c'est de pratiquer ces yamas et nyamas, les asanas, les respirations, les méditations dans la conscience du ressenti pour apprendre à reconnaitre quand on agit en harmonie avec nous mêmes, nos objectifs. C'est donner à la pratique cet aspect contemplatif lorsque nous observons le ressenti de notre corps. C'est apprendre à reconnaitre quand on fait quelque chose qui va à l'encontre de nos objectifs. Svadhyaya va tempérer Tapas (le précédent Niyamas) , sinon on ne pourrait pas ressentir (c'est l'équilibre entre l'action et la reflexion). C'est ce lien entre Svadhyaya et Tapas qui va développer la pleine conscience, la clarté, la puissance et la confiance en nous.


5) Ishvara pranidhana.

Etymologiquement c'est la piété, la foi, la consécration à Dieu, la dévotion au Seigneur.

À force de persévérance (tapas) et d’autoanalyse (svadhyaya), la pratique amène à prendre conscience que nos actions, nos postures ne sont pas que « moi », qu’elles sont une expérience spirituelle du lien entre « moi » et « Dieu » – que l’on l’appelle également le mystère, la nature ou le grand tout, ou l’univers, ou autre chose selon ses convictions. La pratique est une offrande, et non pas un cadeau égoïstement conservé et admiré ; ce Niyama invite à ne pas rester attaché à sa «performance » physique, à son corps, en se reliant à plus grand. C’est le sens même du yoga : se sentir « uni », aussi bien à l’intérieur de soi qu’avec le tout, autour de soi. C’est la voie de la libération.

Plus concrètement, dans la vie quotidienne, on est dans ishvara  pranidhana quand on a fait tout ce qui devait être fait (grâce à la réflexion de svadhyaya et à l'action ardente de tapas) et que du coup, on ressent un lacher prise spontané.  Ishvara pranidhana c'est ce lâcher prise spontané dans lequel on va alors se connecter  à notre intuition. C'est ce sentiment de confiance dans…….. (dans quoi ? )  qui font que les choses seront comme elles doivent être. Et ishvara pranidhana n'émerge que lorsque l'action (tapas) et la reflexion (svadhyaya) ont été entreprises avec tout notre coeur : on est transcendé, connecté à quelque chose de divin. Difficile d’expliquer cela car la compréhension de ce concept peut aussi être lié à vos croyances personnelles. On retrouve d’ailleurs des expressions de la vie courante qui y font allusion. Par exemple le célèbre « Alea jacta est », « si Dieu le veut », mais aussi « on verra bien », « advienne que pourra », « j’ai fait tout ce que JE pouvais ». Alors forcément, on peut s’en remettre à une entité spirituelle supérieure, au hasard, au destin et Ishvara pranidhana sera alors la foi en cela, l’abandon à cela. Dans une pratique de Yoga non duelle, ce serait tout simplement la confiance en la Vie, en Ce qui Est. Un peu plus haut, j’ai utilisé le mot « lacher prise » auquel j’ai associé bien précautionneusement le mot « spontané » car pour un pratiquant de Yoga, et notamment de Yoga tantrique, le lâcher prise n’a pas vraiment de sens, ça correspond au contraire à une sorte de rejet, au fait d’écarter quelque chose de non digéré et le mettre dans un coin où on le verra moins, car le Yoga tantrique considère que toute émotion doit être digérée et non mise de côté car elle risquerait de devenir toxique (saucha….la pureté). Digérer une émotion fait partie de la pratique, et le mot digérer est tout à fait adapté : garder une partie pour nourrir et rejeter ce qui ne sert pas,  c'est-à-dire séparer l’émotion de son histoire, et la conserver seulement en tant qu’énergie car alors elle nous nourrit, quelque soit sa nature,  et ne nous détruit pas. Un peu comme un poison qui deviendrait un remède. Un lacher prise spontané est par contre intéressant car il correspond à une notion non duelle, fondamentale pour les Tantrikas : Etre avec ce qui Est.

Pour revenir à Ishvara Pranidhana, dans la pratique du Yoga, ce niyama invite à ne pas rester attaché à sa « performance » physique, à son corps, en se reliant à plus grand. C'est aussi trouver le relâchement dans la force, trouver le "shavasana"(la posture allongée de fin de séance, le relachement en conscience) dans le "tadasana"(la posture debout, bien ancrée, tout le corps engagé), trouver l'harmonie dans le travail de tapas dans la posture et la concentration de svadhyaya. C'est trouver le relachement et le confort dans la posture.


Yamas et Niyamas font partie intégrante des 8 parties qui constituent, selon Patanjali, le Yoga. Les autres parties sont :

Les Asanas qui rendent le corps fort, souple et relaché, dont le but est de maintenir le corps physique et le corps énergétique tonique pour pouvoir se consacrer à la vie spirituelle

Le Pranayama (travail sur le souffle) qui nous apprend stabiliser la circulation de l'énergie vitale en nous

Le Pratyahara, (le retrait des sens) qui ramènent notre concentration vers le silence intérieur

Le Dharana (la concentration) qui nous apprend à focaliser notre attention et cultiver la perception intérieure

Le Dhyana (la méditation) qui apprend à maintenir la conscience sans perturbation

- Le Samadhi 


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